Gestion des bords de route et biodiversité

En Bretagne, le réseau routier est estimé à plus de 65 000 km. Ces routes sont accompagnées de dépendances dites "vertes" : les bords de routes. La surface occupée par ces "bords de route" est estimée à plus de 28 000 hectares, plus que les espaces naturels acquis par les quatre Conseils généraux de Bretagne !

Les bords de route ont longtemps été désherbés chimiquement. Les arrêtés préfectoraux de 2005 puis de 2008 interdisant l'utilisation de pesticides à moins d'un mètre des fossés ont modifié les pratiques. Une nouvelle gestion a alors vu le jour. Aujourd'hui, l'enjeux est de concilier sécurité, protection de l'eau et biodiversité en bord de route. C'est le sujet de l'étude menée entre 2008 et 2009 par Bretagne Vivante-Sepnb sur la commune de Vern-sur-Seiche (35).

Bords de route
  • Bord de route en fleursSuite aux arrêtés prefectoraux de 2005 et 2008 interdisant l'utilisation de pesticides à moins d'un mètre des fossé, des techniques alternatives aux traitements chimiques se sont développées, le broyage s’est généralisé, du fait de sa facilité de mise en œuvre.

    Mais il pose différentes questions :
    • les résidus du broyage encombrent les fossés
    • il conduit à banaliser la flore, par enrichissement progressif du sol
    • pratiqué de manière drastique, il conduit à un "décapage" des talus, source d’érosion préjudiciable aux cours d’eau et à la biodiversité.

    OrchidéeCes différentes techniques sont coûteuses en temps et en argent pour la collectivité. La demande légitime de sécurité pour l’entretien des bords de route est doublée d’une demande sociale de "propreté" qui conduit à une politique de "jardinage intensif" peu propice à la biodiversité.

    Alors comment combiner :
    • l’efficacité technique visant au respect de la sécurité
    • la préservation de la qualité de l’eau
    • la conservation voire le développement de la biodiversité
    • un coût acceptable pour la collectivité.

    Dans le cadre du programme "Eau et pesticides : effets sur la santé et l'environnement" Bretagne vivante-Sepnb a collecté des informations scientifiques, et recueilli des expériences auprès de différentes collectivités et a expérimenté avec la commune de Vern-sur-Seiche une gestion différente de ces bords de routes.

    Cette étude a été présentée le mardi 26 octobre 2010 à Vern-sur-Seiche par Pierre-Yves Pasco, chargé d'études et Jean-Luc Toullec, président de Bretagne Vivante-Sepnb accompagnés par Claudine Richomme, 1ere adjointe au maire et les agents de la commune de Vern-sur-Seiche (35).

  • Les routes participent à la dégradation des habitats naturels : - elles favorisent les invasions biologiques - elles peuvent provoquer des extinctions locales (collisions avec les amphibiens, les chauves-souris...).
    Néanmoins, l'ensemble -accotements, fossé, talus- peut : - offrir un refuge de qualité à la faune et la flore locales - servir de corridor pour la dispersion des plantes.

    Quelques chiffres :

    Papillon36 espèces de papillons de jour observées sur les bords de route en Côtes-d'Armor (22), soit plus de la moitié des espèces observées dans ce département.

     


    Criquet12 espèces de criquets et de sauterelles observées sur 4 km de routes sur la commune de Vern-sur-Seiche (35), soit près de la moitié des espèces présentes sur cette commune.

     


    Amphibien - rainette9 espèces d'amphibiens observées sur 1km de bords de route à Vern-sur-Seiche (35) sur les 12 présentes dans le pays de Rennes.

     


    FleursLe tiers des espèces végétales de Mayenne et de Basse-Normandie est observé sur les talus de bord de route.

  • shéma d'entretien

     

    La gestion des bords de route doit être adaptée à la fois aux besoins écologiques, aux risques de dissémination des adventices et aux contraintes techniques et financières de la collectivité.

    Pour permettre aux insectes et aux plantes de réaliser leur cycle annuel de reproduction, limiter à une fauche en août – septembre pour le fossé et le talus et si possible, sur une partie du bas-côté.
    Faucher plus haut : au moins 10 cm de hauteur permet de limiter la production de matière, évite de mettre la terre à nue et respecte la pousse des fleurs en automne.
    Pour maintenir la sécurité des usagers, le fauchage des zones dangereuses (carrefours, virages...) est maintenu.
    Il est important d'informer le public de la mise en place de cette gestion.

     

     

    Pesticides interdit à moins d'un mètre des fossés

     

    Sur les bords de route, la présence d'un fossé est régulière : il est interdit d'utiliser des pesticides à moins d'un mètre de celui-ci par arrêtés prefectoraux du 1er février 2008 en Côtes-d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine et Morbihan.

     

     

     

     

     

    Fauche avec exportationPour aller plus loin...

    La fauche avec export est utilisée par quelques organismes en France et est déjà régulièrement employée dans d'autres pays.
    Elle limite l'enrichissement du sol, l'apparition de plantes nitrophiles : ortie, chardon... et évite l'encombrement des fossés.

  • QUELQUES RÉFÉRENCES UTILES

    La gestion différenciée des linéaires
    Etat des lieux. 2009 – Association Nord Nature Chico Mendès. - 71p.

    Fauchez mieux, le fauchage raisonné
    Septembre 2009 - Note d'information SETRA – Ministère de l'Ecologie, de l'énergie, du
    développement durable et de la Mer. 24p.

    Le guide de la gestion raisonnable – Fiches 11 (2p.) et 12 (2p.) : les bords de
    route et leur fauchage.
    Association Gentiana.