Impact environnemental des pesticides

Utilisés en masse dans les jardins et surtout dans les champs, les pesticides viennent polluer l'environnement. On en retrouve ainsi dans l'air, dans l'eau, dans les végétaux, dans les animaux sauvages. Cette contamination généralisée impacte donc tous les compartiments de notre environnement.

Afin de mieux comprendre les mécanismes de contamination de l’environnement par les pesticides, il a été mis en place des mesures qui visent à établir les niveaux de contamination et les impacts des pesticides.

Des textes réglementaires de l'Union européenne (directive 91/414/CEE, règlement 1107/2009) obligent les producteurs de pesticides à évaluer eux-mêmes l'éco-toxicité de leurs produits. En Juillet 2015, c'est l’Anses (L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) qui délivrera les autorisations de mise sur le marché des pesticides. Avec une pression citoyenne toujours plus forte pour avoir des garanties sur l'impact environnemental et sanitaire des pesticides.

Contact :
Guenaelle NOIZET
  • air pesticides

    Dès les années 60, il a été observé des contaminations des eaux de pluie par les pesticides dont notamment dans notre région. Mais encore à ce jour, il n'existe pas de réglementation spécifique relative à la surveillance des pesticides dans l'air.

    En Bretagne, c'est l'association AirBreizh qui a la charge du suivi de la qualité de l'air et qui suit l'évolution de cette contamination dans l'air. On peut retenir des différentes campagnes de mesures :

     

    A Mordelles 36 pesticides ont été détectées dans l'air entre 2005 et 2010. En 2006 sur les 85 composés recherchés, 20 ont été détectés, dont 8 sont des produits chimiques cancérogènes et/ou mutagènes et/ou toxiques pour la reproduction (CMR), 3 molécules sont classées très toxiques (T+), 4 molécules sont classées toxiques (T). Il n'y avait plus qu'une dizaine de produits détectés en 2010, ce qui peut s'expliquer par l'interdiction de nombreuses substances actives depuis 2008.

    Certains composés sont fréquement détectés comme l’acétochlore (utilisé pour le maïs, interdit en 2008), l’alachlore (maïs, interdit en 2008), le chlorothalonil (différentes cultures), le lindane (interdit depuis 1998) ou la pendiméthaline (différentes cultures). Avec des concentrations les plus élevées sont le chlorothalonil (78,8 ng/m³ en juin 2006), fongicide utilisé sur les pois, féveroles, pommes de terre et blés.

    A Rennes (en 2003) : 9 molécules de pesticides (sur les 43 recherchés). Avec du lindane (dans 9 prélèvements sur 10, alors que cet insecticide est interdit depuis 1998), de l'alachlore (interdit en 2008), le chlorothalonil et l’atrazine (interdit en 2003). Aucune des molécules utilisées par la Ville de Rennes ou la DDE n’a été détectée (carbétamide, diflufénicanil, diuron, oxadiazon), ce qui montre l’influence de la contamination agricole.

  • En 2011, 557 pesticides différents ont été recherchés sur près de 2 500 points de mesure de la qualité des cours d’eau. Des pesticides ont été décelés sur 93 % des points de mesure. Les 15 molécules de pesticides les plus quantifiées dans les cours d’eau de France sont en majorité des herbicides (glyphosate) ou leurs métabolites (AMPA).

    Du fait de cette contamination massive, notamment d'origine agricole, et de son possible impact sur la santé, la loi fixe des seuils maximaux pour rendre l'eau potable :

    - pour les eaux destinées à produire de l’eau potable (au ruisseau, avant potabilisation) : 2 µg /l par pesticide, 5 µg/l pour l’ensemble des molécules
    - pour l’eau potable (au robinet) : 0,1 µg/l par pesticide, 0,5 µg/l pour l’ensemble des pesticides

    Comme le présente le rapport "Eco-phyto" du député Potier, "le respect des normes de la qualité de l’eau potable distribuée au robinet n’est atteint qu’en raison de coûts de traitement élevés qui sont supportés par le consommateur d’eau".

    En Bretagne, l'Etat a mis en place en 1990 un réseau de suivi (10 stations de mesure) de la contamination des eaux superficielles bretonnes par les pesticides : le réseau CORPEP

    On constate sur ce réseau :
    - une grande diversité des contaminants, souvent présents simultanément
    - la présence de quelques pics élevés en concentration pour certaines molécules (isoproturon, glyphosate, AMPA, diuron)
    - la présence de molécules interdites (atrazine)

  • Les pesticides ont des effets, directs ou indirectes, sur :

    - sur les oiseaux : qui sont directement touchées par empoisonnement (aux organophosphorés) ou par les insecticides qui réduisent leur alimentation (moins d'insectes à manger pour les hirondelles, par exemple).
    - sur les mammifères : les presticides anticoagulant empoisonnent souvent indirectement les mammifères prédateurs (renards), ou les anti-limaces qui finissent par empoisonner les hérissons.
    - sur les insectes : les pesticides sont hautement toxiques pour les abeilles, bourdons et autres insectes.

     

    La bataille contre les pesticides néonicotinoïdes

    À la lumière des dernières études scientifiques, de nombreux acteurs, dont notamment les apiculteurs et les ONG environnementales, alertent sur les effets des pesticides néonicotinoïdes. L’usage des néonicotinoïdes est répandu, principalement en agriculture pour l’enrobage des semences de maïs. Depuis décembre 2013, trois insecticides néonicotinoïdes suspectés de provoquer l’effondrement des colonies d’abeilles sont interdits d’utilisation dans toute l’Union européenne. Les ONG attendent du gouvernement français qu'il agisse auprès de l’Union européenne afin d'obtenir un moratoire européen sur l’ensemble des pesticides néonicotinoïdes tant que les risques graves sur l’environnement et la santé humaine ne seront pas écartés.