Quand la publicité nous incite à utiliser des poisons

Depuis plus de 30 ans les firmes nous font croire qu'un beau jardin est un jardin sans "envahisseur", comprenez herbes indésirables ou insectes de toutes sortes. Les industriels n'ont pas hésité à tromper le consommateur en inscrivant des allégations mensongères sur les paquets. Plusieurs plaintes ont été déposées par les associations.

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Guénaelle NOIZET
100% biodégradable, mon oeil !!
  • Emballage de Roundup

    Par un arrêt du 29 octobre 2008, les magistrats de la 7ème chambre correctionnelle de la cour d'appel de Lyon ont confirmé la culpabilité des dirigeants de la société Monsanto (producteur) et de Scotts France (distributeur) à propos de la publicité du pesticide Roundup.


    Dans le jugement initial du 26 janvier 2007, les dirigeants avaient été condamnés à 15 000 € d'amende, à la publication du jugement dans le quotidien Le Monde et dans une revue de jardinage. Les magistrats avaient estimé que "l'utilisation combinée sur les étiquettes et emballages des produits herbicides pour jardins d'amateurs de marque "Roundup" visés à la prévention, des termes et expressions "biodégradable", "laisse le sol propre", "respect de l'environnement", "efficacité et sécurité pour l'environnement", avec parfois l'adjonction d'un logo représentant un oiseau, peut laisser faussement croire au consommateur à l'innocuité totale et immédiate desdits produits [...]".


    L'arrêt du 29 octobre confirme la 1ère analyse et maintient les peines d'amendes (2 fois 15000 €) et la publication du jugement dans la presse prononcées en 1ere instance. Selon les magistrats, le mensonge publicitaire résulte pour les emballages d'une "présentation qui élude le danger potentiel du produit par l'utilisation de mots rassurants et induit le consommateur en erreur en diminuant le souci de précaution et de prévention qui devraient normalement l'inciter à une consommation prudente". Sur l'utilisation du terme "biodégradable", le caractère trompeur est également assuré car "il est établi que le Roundup est constitué de glyphosate et d'un tensioactif et qu'il se dégrade plus lentement que le glyphosate seul. De surcroit, un sous-produit de dégradation du glyphosate, l'AMPA, se dégrade lui-même plus lentement".
    Enfin, en ce qui concerne le spot télévisé, la cour estime qu'il "n'est accompagné d'aucun avertissement sur les précautions d'emploi à respecter et se termine sur des notions d'amour et d'intelligence qui ont pour effet de rassurer le consommateur sur l'innocuité du produit. Il en résulte là aussi que le Roundup est présenté sous un jour trompeur d'un produit totalement inoffensif, ce qui ne peut être le cas d'un désherbant même s'il est moins nocif que d'autres pesticides".
    Le 9 octobre 2009, la cour de cassation a confirmé l'arrêt de la cour d'appel de Lyon condamnant définitivement les deux dirigeants et les deux entreprises.
     

    Pour en savoir plus, le site d'Eau et Rivières de Bretagne.

     

  • Publicité-quizz vrai-faux

    Printemps 2008 : la nouvelle campagne de Monsanto dénigrant le désherbage manuel a provoqué de vives réactions. En Bretagne, 28 structures intercommunales en charge de la reconquête de la qualité de l'eau dénoncent, dans un courrier commun une publicité qui "banalise complètement l'utilisation des désherbants chimiques malgré leur impact avéré sur l'environnement et la santé des utilisateurs".

    Les associations saisissent les ministères de la santé et de l'environnement, ainsi que les secrétariats d'état à l'écologie et à la consommation pour demander "quelle est l’efficacité [de nos actions] lorsque d’un côté, on alerte les particuliers sur la pollution de l’eau par les pesticides et les risques sur la santé publique et de l’autre côté, ce même public se voit « bombardé » par des campagnes publicitaires vantant l’intérêt du désherbage chimique".

     

  • En 2005, l'industrie des pesticides n'hésite pas à débourser 600 000 euros pour tenter de rassurer les consommateurs.

     

     

     

     

     

    Mars 2003, les dirigeants de la société Oxadys ont été condamnés pour publicité mensongère en raison des arguments fallacieux sur le respect de l'environnement de leur désherbant Vilmorin.